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Sentier géologique des Amburnex Version imprimable
  • Départ: col du Marchairuz
  • Longueur: 15 km (variante à 7 km)
  • Dénivellation: + 270m / - 270m
  • Durée approximative: 5-6h
  • Accessibilité: printemps – été – automne
  • Difficulté: moyenne

Cet itinéraire a pour but de vous familiariser avec la géologie régionale du Jura; il vous permet de découvrir les différents types de roches qui se trouvent sur l'ensemble du Parc jurassien vaudois. De plus, vous verrez quelques éléments concrets de géomorphologie que vous pourrez ensuite reconnaître lors de vos prochaines randonnées.

La longueur du parcours est de 15 km pour une durée estimée entre 5 et 6 heures, y compris les temps d'arrêts. Il est possible de raccourcir le circuit à 7 km en revenant vers le col depuis la ferme des Amburnex (n°10) par le raccourci partant de la sèche de Gimel.

Carte géologique détaillée de l'itinéraireLes numéros ci-dessous correspondent aux numéros reportés sur la carte détaillée:

1. Le col du Marchairuz se situe sur un anticlinal (pli en "bosse"). Notez l'orientation des couches (ou pendage): elles penchent vers le nord-ouest, en direction de la Vallée de Joux. Entre le col et le second parking, affleure la limite entre les calcaires du Kimeridgien et ceux du Portlandien. Ce sont tout deux des calcaires fins et massifs, de couleur claire et souvent recouverts de fins lichens gris. La limite se remarque par la présence d'une couche contentant des petites huîtres fossiles (Exogyra virgula), mais leur localisation ici n'est pas évidente.

2. En descendant le long de la route, sur la gauche, on distingue une doline, vaste entonnoir formé par la dissolution des calcaires sous-jacents. Celle-ci s'est formée dans la charnière de l'anticlinal érodé.

3. Ici, les couches sont orientées dans la direction opposée, vers le sud-est, en direction du lac Léman. Cela signifie que nous venons de passer de l'autre côté du pli anticlinal. En effet, nous retrouvons la même limite avec les coquilles d'huîtres fossiles.Longez la route jusqu'aux plateaux et prenez le chemin qui monte sur la gauche.

4. Le long du chemin, nous suivons des calcaires du Portlandien inclinés vers le sud-est. Nous sommes toujours sur le flanc sud de l'anticlinal du Marchairuz. Dans le premier virage à droite, les couches deviennent marneuses sur 10 mètres d'épaisseur puis redeviennent calcaires. Sur le plat, on pénètre dans une tranchée. Il est possible d'observer des fossiles de nérinées (escargots marins).

Arrivé dans une petite clairière, plusieurs chemins sont envisageables. Prenez celui qui monte. Puis au sommet, vers les murs en pierres sèches continuez vers la gauche, le chemin est plat et en légère descente, nous nous trouvons sur le flanc nord de l'anticlinal. Une nouvelle clairière s'ouvre devant vous et vous avez la possibilité d'apercevoir le nord du Parc. Prenez le chemin qui descend; vous passez devant des couches inclinées.

5. A la sortie de la forêt, nous nous trouvons dans une petite combe formée dans les roches tendres du Purbeckien: cet étage correspond à un bref épisode émersif avec des dépôts de marnes, de brèches et de calcaires lacustres. Sur la droite se trouve une petite carrière de moraine, constituée de sol brun argileux avec divers blocs de calcaires.

6. Dans le virage, le Valanginien inférieur apparaît sous forme de calcaires jaunâtres et spathiques (aspect de sucre à la cassure dû à la présence de fragments de crinoïdes, des oursins "sur tige").

7. Plus bas, à proximité des petits sapins bordant la route sur la gauche, affleure le Valanginien supérieur avec de nombreux débris d'organismes marins observables à l'œil nu : crinoïdes, bryozoaires (organismes coloniaux en forme de branches), brachiopodes (coquillage à deux valves asymétriques).

8. Le virage suivant est marqué par une petite combe allongée creusée dans les marnes de l'Hauterivien inférieur. A la sortie de la courbe, l'Hauterivien supérieur affleure sous forme de calcaires jaunes, appelés "Pierre Jaune de Neuchâtel". Il est caractérisé par des débris d'organismes et quand on casse la roche, des petits minéraux verts-bouteille apparaissent. C'est de la glauconie.

9. Au sommet du monticule, vue sur la combe des Amburnex et les bancs de calcaires du Valanginien inférieur en face. La butte même est composée de calcaires du Barrémien, les plus jeunes calcaires du Parc. Ils apparaissent ici en raison du synclinal (pli "en creux") des Amburnex: le pendage des couches est orienté vers le nord-ouest à l'entrée du "col" et vers le sud-est à la sortie. Ce sont à la base des calcaires jaunes à oolithes (petites concrétions sphériques), sans glauconie, qui deviennent plus haut blancs et spatiques.

10. En passant à côté de la ferme, on remarque en face des dépressions, ce sont des pertes. Reprenez la route goudronnée et ensuite tournez à gauche. On entre à nouveau dans le Valanginien. Au début de la colline se trouve des calcaires contenant divers organismes puis vers le nord, les calcaires deviennent plus compacts. Des minéraux de calcite sont observables dans des veines sous le point culminant de la bosse.

11. Après la butte et la barre rocheuse, vue sur la droite de la Sèche de Gimel. On peut observer des marais ainsi que des pertes vers le mur en pierres sèches. Les calcaires du Valanginien inférieur dans le virage ont une couleur grise en surface, mais une cassure fraîche révèle une couleur brune. Ils sont compacts et spathiques avec localement de grosses oncolithes, des concrétions blanches d'origine alguaire.

12. La combe située après le virage s'est formée à la faveur des roches tendres du Purbeckien. Suivez le chemin jusqu'à la Sèche des Amburnex. Le long de celui-ci, les calcaires du Portlandien sont généralement plats et présentent des figures de dissolution (derrière le mur en pierres sèches).

13. La Sèche des Amburnex est un bel exemple de bassin fermé délimité par une succession de bancs calcaires. Sur la gauche, on découvre quelques dolines et autres pertes, seul moyen pour l'eau de sortir de la combe. Sur la droite, on distingue un lapiaz (bancs calcaires blancs plats corrodés). Depuis la ferme, on voit les lapiaz constitués de calcaires du Kimeridgien recouverts par de la végétation tandis que le fond de la Sèche est recouverte de verdure. Dessous se trouvent les séries marno-calcaires du Séquanien supérieur assez riches en ammonites (coquillage en spirale) et en bivalves (coquillages à deux valves symétriques) et dont on a extrait des restes de crocodile !

14. Longez le bord de la dépression par le nord-ouest. Sur la droite se dévoilent des bancs du Kimeridgien et sur la gauche se dessinent des figures d'écoulements qui aboutissent à des pertes ou à des bassins fermés.Suivez le chemin à travers la forêt dont le substrat est du Kimeridgien relativement plat. Continuez le sentier tout droit vers le nord puis, au chalet de Pierre à Ecusson, tournez à droite et poursuivez l'itinéraire pour revenir dans la Sèche des Amburnex.

15. En contrebas du panneau "site protégé" s'ouvre une dépression occupée par un lapiaz parcouru par des lésines (crevasses) et recouvert par de la végétation.

16. Juste à gauche se trouvent deux dépressions jointes à côté d'un sapin, c'est un ouvala (réunion de plusieurs dolines).

17. En sortant de la combe, au portail, affleure du Kimeridgien oolithique.

18. Sur le replat, avant un abreuvoir, la limite entre le Kimeridgien et le Portlandien est marquée par la présence de fossiles (nérinées, bryozoiaires) dans les éboulis.

19. Après la ferme de Gimel, on retrouve la combe formée par les roches tendres du Purbeckien puis on traverse la barre rocheuse des calcaires du Valanginien.

20. Dans la descente, sur la gauche se trouve un affleurement de dépôts morainiques.

21. Dans le virage, nouvel affleurement des calcaires du Valanginien. Il est intéressant de constater la couleur des murs de pierres sèches. Ils indiquent de façon empirique la nature de la roche sous-jacente.

22. Vue sur la Sèche de Gimel et de son marais bordé par les calcaires du Valanginien qui plongent dessous.

23. Le talus dans le dernier virage avant de reprendre la route est composée de calcaires riches en glauconie, caractéristiques de l'Hauterivien supérieur.

24. A la jonction avec la route cantonale, on distingue un bassin fermé marécageux ainsi que des dolines et des pertes.

25. Remontée vers le col en traversant les séries du Valanginien. Puis vers les maisons, on retrouve la combe causée par le Purbeckien et finalement les calcaires du Portlandien.

 

Pour en savoir plus :

Roches et paysages du Parc jurassien vaudois, par Robin Marchant et Grégory Grosjean, en vente dans notre boutique .

 

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