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Itinéraire géologique Les Frasses - Valouse Version imprimable
    • Départ: Bassins, rte des montagnes (5 km après le village)
    • Longueur: 9 km
    • Dénivellation: + 170m / - 170m
    • Durée approximative: 3-4h
    • Accessibilité: printemps – été – automne
    • Difficulté: moyenne


Le long de ce parcours, vous pourrez découvrir les roches et fossiles du Parc jurassien vaudois et observer différentes structures géologiques et géomorphologiques dans un paysage magnifique.

Pour se rendre à cet itinéraire, il vous faut suivre depuis Bassins la "Route des Montagnes" sur environ 5 km. Le départ se situe juste dans une clairière après avoir franchi un bovistop. L'itinéraire fait 9 kilomètres de marche pour une durée estimée entre 3 et 4 heures avec les arrêts.

Carte géologique détaillée de l'itinéraireLes numéros ci-dessous correspondent aux numéros reportés sur la carte détaillée.

 

1. Longer le mur en pierres sèches pour arriver dans une tranchée, formée de calcaires du Portlandien. Ce sont des roches claires, assez massives, à grains très fins, souvent recouvertes de fins lichens gris. Ici, les bancs sont fracturés ce qui rend difficile la lecture de leur pendage, ou orientation des couches.

2. En arrivant dans la petite côte bordée de bornes, s'ouvre sur votre gauche et votre droite, une clairière formée dans le Purbeckien. Ce sont des roches tendres et assez imperméables, surtout des marnes et des brèches, qui se sont déposées lors d'un bref épisode émersif. Ensuite nous pénétrons dans les calcaires du Valanginien inférieur. Ils sont bruns, tachetés et spathiques (aspect de sucre du à la présence de débris de crinoïdes, des sortes d'oursins sur tige). Là où la roche n'est pas recouverte de lichens, on peut observer des oolithes, des petites concrétions sphériques blanches qui se forment dans des mers chaudes très peu profondes.

3. Dans la descente, nous pouvons observer le pendage des couches qui est orienté vers le nord-ouest. De plus, ces strates forment un lapiaz, banc de calcaire corrodé par les eaux de ruissellement. En contre bas, nous découvrons un bosquet entouré d'une dépression. Elle est engendrée par des dépôts morainiques de la calotte glacière jurassienne. A l'arrière plan se dressent des bancs blancs de calcaires du Portlandien.

4. A la jonction des chemins, nous nous trouvons dans les calcaires du Valanginien supérieur. Ils sont plus foncés et plus spathiques que ceux du Valanginien inférieur et contiennent parfois des débris d'animaux marins variés.

5. Dans la tranchée, les couches sont presque verticales en raison de l'anticlinal (pli en bosse) du Crêt de la Neuve. Sur la droite se dessinent des figures de dissolution et à 2 mètres de hauteur des restes de gastéropodes (escargots) sont exposés. Au bout de cette passe, si vous êtes observateur, se démarquent des brachiopodes (coquillages à deux valves asymétriques) pris dans la roche.Dans les blocs de roches 50 mètres plus loin le long du chemin, vous pouvez dénicher quelques restes fossile, comme des gastéropodes, des brachiopodes et des bryozoaires (organismes coloniaux en forme de branche), avec des oolithes.

6. Dans le virage, l'affleurement de droite nous révèle des plans striés liés à un système de failles décrochantes. Nous remarquons que les bancs de calcaires ne sont pas continus mais qu'ils sont remplis de brèches, de roches concassées et broyées. Le bloc de droite s'est déplacé vers l'arrière par rapport à celui de gauche. Le sens de mouvement se lit sur le plan de faille: passer la main sur les stries. Si elle accroche, le mouvement du bloc au contact de votre main se fait dans l'autre sens par rapport à la roche en place.Le chemin continue dans une clairière en creux liée à la présence du Purbeckien. Le passage est souvent gorgé d'eau en raison de la rétention d'eau par les marnes. Quand la clairière se resserre, il faut bifurquer sur la gauche et monter dans la forêt.

7. Nous abordons un petit plateau de calcaires du Portlandien. Les strates forment un bombement dû à un pli anticlinal. En effet, à la sortie de la forêt, les couches penchent vers le sud-est et à la jonction, elles penchent vers le nord-ouest. A ce même endroit, vue sur les crêtes du Mont Sâla, dues à un autre anticlinal.

8. Nous retrouvons les combes formées par les roches tendres du Purbeckien au pied du petit chalet.

9. Les bancs de calcaires de l'Hauterivien, orientés vers le nord-ouest, se remarquent de loin grâce à leur couleur brun clair qui ressort parmi la verdure environnante. Les calcaires ont un aspect spathique et contiennent de la glauconie, un minéral argileux de couleur vert bouteille.

10. Vue sur la combe de La Valouse, une dépression de 70 mètres de profondeur qui prend place dans le cœur d'un synclinal (pli en creux). Observer l'orientation des couches de part et d'autre de cet arrêt. L'eau se retrouve piégée au fond et forme un marais. Sur le versant sud de la combe, se dessinent des bandes horizontales. Ce sont des "pieds-de-vaches" produits par le passage répété du bétail.

11. Dans la forêt, les couches sont orientées vers le sud-est. Puis à la jonction des chemins nous longeons la zone de marnes du Purbeckien qui rend le terrain saturé d'eau et spongieux.

12. Avant d'arriver à la ferme-buvette des Pralets, nous observons un mini lapiaz (avec un sapin au milieu). Sur la droite s'ouvre un bassin fermé collectant les eaux de surface.

13. Sur le chemin, nous sommes entourés de bassins fermés. Sur le bord de la route, des lapiaz de calcaires du Portlandien penchent légèrement vers le sud-est.

14. Dans le virage, une petite carrière présente des strates de calcaires du Portlandien versicolores inclinés vers le sud-est. Notez la très faible épaisseur de la terre qui recouvre ces calcaires: les sols en pays karstique sont lessivés dans le réseau souterrain par les eaux de ruissellement.

Après le talus nous traversons une clairière formée dans le Purbeckien et dans le virage à gauche apparaissent les calcaires du Valanginien.

15. Le long de chemin, 20 mètres avant d'atteindre la route goudronnée, une marque horizontale rouge est peinte sur la roche. Sous un arbre, à hauteur des yeux, se cachent des fossiles de gastéropodes, de bivalves (coquillages à deux valves symétriques), ...

16. Peu avant le bovi-stop nous passons des calcaires du Valanginien aux marnes de l'Hauterivien inférieur qui dessinent une zone de dépression. Au niveau du bovi-stop, apparaissent les calcaires de l'Hauterivien supérieur, inclinés vers le sud-est.Sur la gauche, en continuant le chemin vers la petite tranchée, des calcaires massifs ressortent de la forêt du Crêt des Grison. C'est le Barrémien, les plus jeunes calcaires du Parc, qui sont de couleur claire, d'aspect spathique et riches en oolithes.

17. Dans le petit défilé, nous retrouvons les calcaires jaunes et glauconieux de l'Hauterivien supérieur, mais cette fois-ci, ils penchent vers le nord-ouest. Nous venons de passer la charnière du pli synclinal, dont le coeur est formé par le Barrémien, qui est à l'origine de la Combe de la Valouse.

18. Après la barre rocheuse, une zone de dépression est liée aux roches tendres du Purbeckien.

19. Dans le virage, le chemin montant dans la forêt suit le tracé d'un chevauchement qui s'exprime par l'absence de Purbeckien.

20. A la sortie de la forêt, nous traversons le Purbeckien qui forme une dépression dans la clairière sur la gauche.

21. A proximité du parking, belle vue sur le Lac Léman, Le Salève, La Dôle et le Mont Blanc. Le sol est ici sableux et de couleur brune. Ce sont des dépôts morainiques de la calotte glacière jurassienne. Pour avoir une meilleure vue de ces dépôts, il faut descendre en voiture vers Bassins. A la sortie de la forêt, avant la ferme "Le Bugnonets" se dresse une carrière avec une bonne épaisseur de moraine contenant des blocs de calcaires divers.


Pour en savoir plus :

Roches et Paysages du Parc jurassien vaudois par Robin Marchant et Grégory Grosjean, en vente dans notre boutique.

 

 

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