- Départ: glacière de St-George
- Longueur: 10 km
- Dénivellation: + 360m / - 360m
- Durée approximative: 3-4h
- Accessibilité: printemps – été – automne
- Difficulté: moyenne
Outre le splendide panorama du Crêt de La Neuve, cet itinéraire vous permettra de découvrir les principales roches du Parc jurassien vaudois, leur structure plissée ainsi que différents aspects morphologiques caractéristiques du Jura. Le parcours se termine sous terre avec la visite rafraîchissante de la glacière de St-George.
L'itinéraire part du parking de la glacière de St.-George, accessible par une route secondaire à la sortie du village de St.-George en direction du col du Marchairuz. Le circuit est long 10 kilomètres pour une durée estimée entre 3 et 4 heures de marche avec les arrêts. Il est possible de combiner cet itinéraire avec celui du col du Marchairuz (les arrêts n° 4 à 8 étant les mêmes, libre à vous de composer votre itinéraire).
Carte géologique détaillée de l'itinéraire:
Les numéros ci-dessous correspondent aux numéros reportés sur la carte détaillée:
1. Petite tranchée formée dans le Portlandien, constitué de calcaires à grains très fins, en couches massives et de couleur claire. Ces calcaires sont très souvent recouverts de fins lichens gris.
2. Après avoir quitté la route goudronnée, nous arrivons sur un plateau légèrement incliné vers le nord-ouest. Sur la gauche s'esquisse un bassin fermé tandis que sur la droite, des lapiaz, bancs de calcaires corrodés par l'érosion karstique, sont partiellement recouverts de végétations.En quittant le plateau, les couches changent de pendage (inclinaison) et sont orientées vers le sud-est. Pendant l'ascension, elle vont même se verticaliser en raison de l'anticlinal (pli en "bosse") du Crêt de la Neuve, dont nous sommes sur le flanc sud.
3. La Fontaine du Valier est une des très rares sources du Parc, car l'essentiel des eaux de ruissellement s'infiltre en profondeur dans le réseau karstique. Elle alimente l'alpage du Pré de Rolle avec un débit constant, sauf en période d'étiage. Elle surgit seulement 10 mètres sous la crête, ce qui laisse les hydrogéologues quelque peu perplexes. Nous venons de passer la charnière de l'anticlinal et les couches penchent ici vers le nord-ouest.
4. A la sortie de la forêt, nous nous trouvons dans une petite combe formée dans le Purbeckien, qui correspond à un bref épisode émersif, avec le dépôt de calcaires lacustres, de brèches (formées de débris d'autres roches) et de marnes, soit des roches assez tendres et imperméables, qui favorisent la formation de combes marécageuses. Sur la droite, dans une petite carrière, affleure un peu de moraine de la calotte glacière jurassienne, qui contient divers blocs de calcaires.
5. Dans le virage, le Valanginien inférieur apparaît sous forme de calcaires de couleur jaunâtre, spathiques (aspect de sucre lié à des débris de crinoïdes, des sortes d'oursins sur tige) et avec des oolithes (petites concrétions sphériques qui se forment dans une mer chaude très peu profonde).
6. Plus bas, à proximité des petits sapins bordant la gauche de la route, affleure le Valanginien supérieur. Il est reconnaissable par la présence de débris d'organismes marins observables à l'œil nu : crinoïdes, bryozoaires (organismes coloniaux en forme de branches), brachiopodes (coquillage à deux valves asymétriques), gastéropodes (escargots), ...
7. Le virage suivant est marqué par une petite combe allongée qui s'est formée dans les marnes de l'Hauterivien inférieur. A la sortie de la courbe, l'Hauterivien supérieur affleure, caractérisé par des débris d'organismes et, quand on casse la roche, par des petits minéraux vert bouteille : la glauconie.
8. La butte est constituée par les calcaires du Barrémien, les plus jeunes du Parc. Ce sont des calcaires sans glauconie, oolithiques à la base et spathiques vers le haut. Ils apparaissent ici car nous sommes dans la charnière du synclinal (pli en creux) des Amburnex: les pendages des couches sont à l'entrée du "col" vers le nord-ouest et à la sortie vers le sud-est.
9. Nous longeons la combe des Amburnex formée dans les calcaires et les marnes du Valanginien et de l'Hauterivien du flanc nord du synclinal. L'eau est évacuée de cette dépression grâce aux pertes que nous pouvons observer en contrebas de la route goudronnée. A l'opposé de la route se dressent les calcaires du Valanginien supérieur. A la base du petit chalet se trouve une colonie de marmottes.
10. Les calcaires du Barrémien forment une butte sur la droite. Derrière cette colline, nous retrouvons les marnes de l'Hauterivien supérieur formant une dépression marécageuse avec des pertes.
11. Le long du chemin, nous traversons les calcaires bruns du Valanginien supérieur avec des fossiles (cf. n° 6). Dans la forêt, nous traversons les calcaires du Valanginien inférieur, gris en surface mais bruns à la cassure.
12. Nous débouchons dans une clairière occupée par une mince combe humide creusée dans les roches tendres du Purbeckien.
13. Nous arrivons ensuite devant une petite montée qui interrompt la combe en raison d'une faille. La suite de la combe se retrouve plus haut.
14. La montée sur le Crêt de La Neuve se fait sur des lapiaz du Portlandien avec des couches parallèles à la pente. Au sommet, magnifique panorama sur le bassin lémanique avec une table d'orientation qui permet d'identifier de nombreux sommets de l'arc alpin. Quelques blocs du mur autour de la table contiennent des fossiles (gastéropodes, ...).
15. En quittant la route goudronnée, les strates sont relativement horizontales mais juste sous le crêt, elles deviennent verticales: c'est la charnière de l'anticlinal du Crêt de La Neuve.
16. Nous arrivons sur un petit replat humide due aux roches tendres et imperméables du Purbeckien. La petite colline se trouvant en face est constituée de calcaires du Valanginien. Les couches forment ici un petit synclinal local.
17. Les couches calcaires du Portlandien sont devenues horizontales et, sur la droite, des bassins fermés sont entourés de végétation. C'est dans le Petit Pré de Rolle que se trouve l'entrée du gouffre de Longirod, le plus profond du Jura suisse avec plus de 500 m. En raison d'un dédale de puits verticaux et de sévères étroitures, il n'est accessible qu'à des spéléologues très chevronnés. Une importante rivière souterraine, ou collecteur, y a été découverte et qui est liée aux sources de l'Aubonne et du Toleure.
18. La glacière de St-George s'ouvre dans les calcaires du Portlandien grâce à deux puits et le toit de la cavité forme une voûte qui correspond à la charnière d'un pli. Bien que l'accès soit équipé d'échelles, la descente au fond la glacière reste dangereuse : les derniers échelons sont givrés et glissants. Les glacières naturelles sont des grottes où de la glace se forme et reste conservée toute l'année. En hiver, la neige s'accumule au fond des puits avec de l'air froid, qui permet aussi la congélation des eaux d'infiltration, en particulier au début du printemps lors de la fonte du manteau neigeux. A la saison chaude, le froid emmagasiné par les roches encaissantes aide à maintenir une température fraîche de même que les courants d'air qui favorisent l'évaporation, un processus qui absorbe de la chaleur. La glace de St.-George a été exploitée de 1797 jusqu'à l'avènement des frigidaires au début du XXe siècle. Elle subvenait aux besoins des auberges, des distilleries, des hôpitaux et de quelques riches habitants de la région lémanique. Au XVIIe siècle, le niveau de la glace devait atteindre la base de la première échelle, soit environ 15 mètres plus haut qu'aujourd'hui. La disparition de la glace est principalement due à l'exploitation, mais aussi au réchauffement climatique et au déboisement des alentours, le soleil pouvant ainsi pénétrer plus facilement dans la cavité. Comme la présence humaine affecte également le bilan thermique, les visiteurs sont priés de ne pas s'éterniser au fond et de respecter ce site car les glacières naturelles sont des formes fragiles, susceptibles de disparaître.
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