- Départ: Les Pralets
- Longueur: 16 km
- Dénivellation: + 290 m / - 290 m
- Durée approximative: 6-7 h
- Accessibilité: printemps – été – automne
- Difficulté: avancé
Outre de magnifiques paysages, cet itinéraire vous fera découvrir différentes strates du Parc jurassien vaudois ainsi que des aspects de géomorphologie et de tectonique (déformation des roches).
Le départ de cet itinéraire se trouve à la ferme-buvette des Pralets, accessible en voiture depuis Bassins. La distance du parcours est de 16 km pour une durée de marche de 6 à 7 heures. Il est possible de commencer l'itinéraire par l'arrêt n°4 en venant du Col de la Givrine (cette option allonge le parcours de 8 km).
Les numéros ci-dessous correspondent aux numéros reportés sur la carte détaillée.
1. Depuis la ferme des Pralets, nous pouvons admirer sur la gauche les crêtes du Mont Sâla et du Mont Pelé qui se sont formées à la faveur d'un anticlinal (pli en "bosse"). Les roches des alentours de la ferme sont des calcaires massifs du Kimeridgien, de couleur claire et souvent recouverts de fin lichens gris. La morphologie du terrain présente des dépressions contenant des dolines (entonnoirs formés par la dissolution des calcaires sous-jacents) et d'autres pertes, accompagnées le long de la route de lapiaz (bancs de calcaires corrodés).
2. Le long du chemin, notez l'orientation des couches: elles sont presque horizontales et forment de temps en temps des dépressions où les eaux de ruissellement viennent se perdre. La surface des bancs est localement parcourue de petites rigoles, creusées par les eaux un peu acides qui corrodent le calcaire.
3. Le Marais Rouge s'est formé sur les roches du Purbeckien, qui correspond à un bref épisode émersif avec le dépôt de brèches (formée de débris d'autres roches), de calcaires lacustres et de marnes. Ces dernières sont des roches tendres et imperméables et de ce fait le Purbeckien se traduit souvent dans le paysage par des combes humides.
4. A la jonction du chemin venant du col de la Givrine, s'ouvre sur la gauche, un vaste bassin contenant des pertes. Les roches environnantes, faiblement inclinées, sont des calcaires du Portlandien, très semblables au Kimeridgien.
5. La montée correspond à un redressement des couches du Portlandien: elles ont un pendage (inclinaison) vers le sud-est car nous sommes ici sur le flanc sud de anticlinal du Mont Sâla.
6. Une grosse perte se trouve dans une cuvette formée par un léger repli au sommet de l'anticlinal du Mont Sâla.
7. Nous pouvons observer dans le petit bosquet surplombant la ferme de l'Arzière, un lapiaz. Il est recouvert de végétation et comporte des lésines (crevasses). Ici, les couches sont orientées vers le nord-ouest, nous venons de passer la charnière de l'anticlinal du Mont Sâla. Derrière la ferme, sur le flanc du Noirmont, nous apercevons des calcaires bruns de l'Hauterivien qui se poursuivent vers l'ouest (terrain non boisé).
8. La dépression de l'Arzière est typique des régions karstiques, elle comporte plusieurs pertes en son sein. La barre calcaire qui la surplombe est du Portlandien tandis que le chemin, lui, prend place dans les roches tendres du Purbeckien.
9. Tout le chemin entre l'Arzière et le Croue suit dans la petite combe les strates Purbeckien. Au niveau du muret de pierres sèches, quelques petits affleurements de Purbeckien émergent de la végétation sous forme de calcaires lacustres grumeleux, de marnes et de brèches. Dans ce secteur, une dépression plus importante draine les eaux superficielles.
10. Le Creux de Croue, d'un point de vue géomorphologique, est un magnifique exemple de boutonnière, ou combe formée dans la voûte d'un anticlinal. Le chemin qui descend au cœur de la combe suit le tracé d'une faille; les couches y sont inclinées vers le sud-est alors que les roches de la falaise en face, de l'autre côté de la charnière de l'anticlinal, sont orientées vers le nord-ouest. La base de la colonne stratigraphique du Parc y est particulièrement bien exposée, avec au coeur de la combe les roches assez imperméables de l'Argovien. Ce sont des fines couches de marnes, marno-calcaires et calcaires, qui forment une tourbière et les premières pentes partiellement recouvertes par les éboulis. La barre rocheuse au-dessus est composée des calcaires du Séquanien, dont la partie principale est spathique (contenant des fragments, brillants à la cassure, de crinoïdes: des "oursins sur tige") avec des oolithes (petites concrétions de calcite blanche) et parfois des coraux. Les calcaires du Kimeridgien apparaissent plus haut, recouverts par les sapins.
Si vous descendez dans la combe, veillez à bien contourner le troupeau de moutons. De plus, les chiens du berger, très gentils avec les promeneurs, sont agressifs envers leurs congénères. Les chiens y sont donc interdits, même tenus en laisse.
11. Après la ferme Le Croue, au croisement, la végétation laisse apparaître un lapiaz.Continuez l'itinéraire à travers la forêt du Cimetière aux Bourguignons, l'un des endroits les plus sauvages et accidentés du Jura en raison de l'érosion karstique. En surface, elle se traduit ici par la présence de nombreux lapiaz et dolines disséminés dans la forêt, et en profondeur par un vaste réseau souterrain. Des dizaines d'entrées de grottes sont recensées dans cette forêt. En arrivant à un puits artificiel, continuez sur sa gauche. Après une descente qui aboutit à une clairière, traversez le muret de pierre sèches et bifurquez à droite rejoindre la combe de Begnines.
12. La Combe des Begnines contient plusieurs alignements de dolines formées dans l'Argovien. Cet alignement s'explique par la présence de dislocations dans le sous-sol. Les crêts boisés de chaque côté de la combe anticlinale sont formés de calcaires du Séquanien.
13. Depuis le sommet du Mont Sâla, nous avons une magnifique vue sur la quasi-totalité du Parc ainsi que sur le lac Léman et les Alpes. Le Mont Sâla et le Mont Pelé appartiennent à un crêt, ou barre rocheuse formant une corniche escarpée, constituée ici, comme souvent dans le Jura, par les calcaires du Kimeridgien. Ceux-ci, situés sur le flanc sud du grand anticlinal à l'origine de la Combe des Begnines, sont fortement inclinés vers le sud-est, en direction du synclinal (pli en "creux") des Amburnex, qui se remarque dans le paysage par l'absence de végétation. Ces plis, de forme très cylindrique, s'étendent latéralement sur des dizaines de kilomètres, et dictent les grandes lignes du relief jurassien.
14. Peu avant la ferme Le Couchant, vue sur la dépression parsemée de dolines alignées.
15. Avant d'arriver dans le fond de la dépression, l'Argovien affleure sous forme de calcaires alternant avec des marnes. Sur le flanc nord de la combe, on remarque des lignes horizontales, appelées "pieds-de-vaches". Elles sont le résultat du passage répété du bétail qui tasse le terrain. Le long du chemin en contrebas, se distinguent plusieurs grandes pertes sur la gauche, accompagnée par des figures d'écoulement dans la tourbe.
16. Durant la descente, après un virage à 180 degrés, nous passons entre des couches pratiquement verticales appartenant au flanc sud de l'anticlinal du Mont Sâla.
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